Allez aux matières Allez à la navigation du site Allez à chercher

L'Alliance En Bref

infos-adc39 · 15 novembre, 2006

Le ©opyCamp a eu lieu à Toronto

L’ADC/CRA a tenu, le dernier week-end de septembre sa rencontre, attendue de longue date, sur l’art, la technologie et le droit. Elle y a accueilli cent cinquante participants du Canada et de l’étranger venus y discuter du droit d’auteur et de nouvelles façons de faire de l’art et de gagner sa vie sa grâce à Internet. Aux trois séances particulières – une table ronde sur la façon de mettre en commun les créations intellectuellles animée par Michael Geist (Creative Commons, Canada) et Mike Holderness (CRA–UK), un atelier sur une proposition de centre commercial virtuel par les membres de la section Québec et un entretien de Susan Crean, coprésidente de l’Alliance, avec Geoff Tansey, militant de la propriété intellectuelle – s’est greffé, les vendredi et samedi, un salon électronique. Cela étant, dans l’esprit du non-colloque, des ateliers auto-organisés en groupe restreint ont occupé la quasi-totalité de ces deux journées.

Le Salon électronique

Le clou du Salon électronique a été, le vendredi, la communication de l’artiste Geoffrey Pugen intitulée Online Personalities, Institutions, Museums and Games, sur les artistes qui se servent d’Internet et s’adonnent au détournement pour créer des histoires et des environnements virtuels. Pungen a tenu à ce que l’un des dix artistes vedettes, Nathaniel G. Moore (dont le site www.bowlbrawl.com est assorti de clips documentaires et d’un manuel disponible à la librairie Indigo), partage avec lui la tribune et discute avec les participants de sa pratique artistique humoristique et crédible (la prestation de Pugen est disponible sur le wiki de ©opyCamp).

Le samedi, c’est le « provocateur pop-culture » et aficionado de la culture Indie Jim Munroe qui a a pris le relais. Sa communication Art Slips Free – Rethinking how Culture is Produced a suscité une très longue discussion quant à de nouvelles approches de la production et de la diffusion qui court-circuitent les réseaux commerciaux et font appel à la commune entreprise (largement libre au sens de gratuite).

La non-conférence (le non-colloque, en l’occurrence).

Le programme d’une non-conférence, dit-on, se résume à la liste de ses participants. Comme n’ont cessé de le rappeler tous les organisateurs de la rencontre ainsi que son hôte Misha Glouberman, ©opyCamp est l’affaire de tous qui tous peuvent en faire ce qu’ils veulent ; libre à eux, donc, de remplacer les thèmes qui leur déplaisent par d’autres de leur cru. Les propositions ont commencé à s’afficher sur le wiki deux semaines avant l’ouverture et ont continué d’affluer tout au long des deux journées de la rencontre. Les thèmes, annoncés aux plénières de début et de fin de journée, ont été ensuite affichés sur l’imposant horaire apposé au mur de la salle des plénières. (On trouvera les comptes rendus de séance sur le wiki. Ou, on peut cliquer sur le lien « Participation » du page d’accueil de CopyCamp).

Les sujets ont abondé : Appropriating the Indian [Détournement de la création autochtone] ; Are professionals necessary? [Peut-on se passer des professionnels ?] ; Authors’ rights Vs. Copyright [Droits des auteurs versus droit d’auteur] ; Can someone please explain the economics of copyright to me ? [Pour l’amour, quelqu’un peut-il m’expliquer l’économie du droit d’auteur !] ; Moral Rights in the UK [Le droit moral au Royaume-Uni] ; The Collateral Damage of Rights Management [Les méfaits de la gestion des droits] ; Fair Dealing Nuts and Bolts [Aspects pratiques du traitement équitable] ; Creative Commons 101 [Creative Commons pour débutants] ; Street art 101 [Art de la rue pour débutants] ; et quantités d’autres.

Le déroulement de ©opyCamp a reposé sur les deux plénières de la première journée, le World Café et le Speed Geek, mécanisme de constitution éclair de groupes très restreints en vue d’échanges directs avec des groupes plus nombreux ou de l’exposé d’une douzaine d’idées maîtresses en rapport avec la rencontre.

Mécanisme bien huilé à en juger par l’enthousiasme des participants, l’animation et le riche contenu informatif du dialogue ; la rencontre leur a ménagé autant que faire se peut des possibilités de communiquer malgré la disparité des catégories culturelles, professionnelles et techniques. Ces disparités – des points de vue, des expériences et de la profession artistique – a eu pour corollaire celle des participants. Les dialogues instaurés se poursuivis sur le wiki de ©opyCamp.

Au sujet des réactions des participants, voir les pages de

Nous avons aussi quelques photos de CopyCamp (merci à Bryce, Kris, John Degan, et Phillip).

Les invités spéciaux

Six personnes sont venues toutes affaires cessantes de l’étranger participer à ©opyCamp : le journaliste et vice-président de CRA–UK Mike Holderness et le militant de la propriété intellectuelle Geoff Tansey du Royaume-Uni ; la compositrice-interprète Moana Maniapoto et le cinéaste Toby Mills de Nouvelle-Zélande ; Mark Hosler (Negativland) et Mike Linksvayer (Creative Commons) des États-Unis. Tous y ont pris une part très active, contribuant ainsi sans mesure à la réussite de la rencontre.

©opyCamp a débuté par une réception pleine d’entrain animée par André Morrisseau, artiste-organisateur et secrétaire de la Fondation nationale des réalisations autochtones. Aux propos de l’écrivain-militant Cory Doctorow (qui s’exprimait depuis Los Angeles) ont fait suite les numéros de la poétesse de cabaret Lilian Allen et de Moana Maniapoto accompagnée de Toby Mills. Paul Hoffert (GCFC) a, en quelques mots inspirants, donné un avant-goût des deux prochaines journées. Et Misha Glouberman a familiarisé les personnes présentes avec la «[non-]procédure » des non-conférences.

Le centre commercial virtuel

Les participants de la section Québec ont tenu un atelier sur l’un des partis que les artistes pourraient tirer d’Internet sans compromettre leurs droits d’auteurs. Les participants ont examiné la question sous trois angles :

  1. la nécessité de faciliter l’accès à des contenus culturels dans le respect du droit d’auteur ;
  2. la nécessité de services d’archivage et de consultation à l’usage du secteur de l’éducation, des artistes et des chercheurs ;
  3. le besoin d’une source commerciale en ligne de documents, d’œuvres musicales, d’ouvrages de référence et d’œuvres d’art.

Ont fait des communications André Cornellier (CAPIC), Christian Bédard (RAAV), Jean-Robert Bisaillon (SPACQ), John Bradley (conseiller technique – projet ADEL) et Michel Beauchemin, directeur général de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), instigateur de la création des archives en ligne d’œuvres dramatiques canadiennes, dite Auteurs dramatiques en ligne ou ADEL (Playwrights on-Line)*. L’étude de faisabilité que Jean-Robert Bisaillon a effectuée dans le courant de l’été pour le compte de l’ADC/CRA a servi de base à l’étude en commun de l’opportunité d’aller de l’avant.

Le centre commercial virtuel comprendrait une librairie, une cinémathèque, une vidéothèque, une salle de concert et une bibliothèque.

Voir la conversation sur le wiki de CopyCamp et www.adelinc.qc.ca.

Merci, mille fois merci !

L’Alliance tient à remercier l’infatigable équipe de CopyCamp : Denise Bolduc, Susan Crean, Misha Glouberman, Virginia Jones, Phillip Smith (Community Bandwidth) et Rose Swagemakers (Innovolve).

Ainsi que les commanditaires de CopyCamp : le ministère du Patrimoine canadien, le Conseil des Arts du Canada, la SOCAN, la Fondation SOCAN, Reboot Canada, Trampoline Hall et le Joseph Visionary Award for a Just and Peaceful World.

Et les amis privilégiés de CopyCamp : Lillian Allen, Michel Beauchemin, Karl Beveridge, André Corneiller, John Degan, Rob Emerson, Richard Fung, Allen Gunn, Paul Hoffert, Paul Knox, Claude Lafontaine, Neil Leyton, Russsell McOrmond, Christopher Moore, Laura Murray, Joël Richard, Gabe Sawhney, Mark Surman, Ken Thompson, Trampoline Hall, Michael Visser, Darren Wershler-Henry and Greg Young-Ing et Harriet Friedmann.

Rencontre de l’OMPI

Le coprésident Michel Beauchemin (section Québec) a assisté du 11 au 13 septembre 2006 à la Quinzième session du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’Organisation mondiale de la propriété culturelle (OMPI) à Genève, réunion qui portait sur un projet révisé de proposition de base pour le traité de l’OMPI sur la protection des organismes de radiodiffusion. Le but recherché : adopter un projet de traité qui serait soumis à l’Assemblée générale de l’OMPI, qui devait avoir lieu du 25 au 3 octobre 2006, en vue de permettre à cette instance de convoquer une conférence diplomatique où l’on pourrait actualiser les droits des organismes de radiodiffusion qui font face à un problème croissant de piratage des signaux dans de nombreuses parties du monde, y compris le piratage des signaux numérisés précédant l’émission.

Incapables de s’entendre sur un texte commun et divisés sur de nombreux points selon une ligne de fracture Nord-Sud, les pays représentés n’en ont pas moins tacitement autorisé le président à transmettre à l’Assemblée générale de l’OMPI un projet qui ne faisait visiblement pas l’unanimité. Ce projet – qui aux dires des observateurs avertis – n’aurait pas dû être jugé suffisant pour autoriser la convocation d’une conférence diplomatique par l’Assemblée générale – a contre toute attente été retenu et une conférence diplomatique convoquée du 19 novembre au 7 décembre 2007. Précisons toutefois que celle-ci ne devrait avoir lieu que si un accord est atteint sur les questions en suspens…ce qui est peu probable.

Dernière Nouvelle Dixit